Pastiches et Poéticules 1

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Souvenir

Lire le roi

l’indécision

et

la conscience

qui

se replie

sur soi

Les yeux

vers le giron

jusqu’à

faire

boule

bulle qui s’évanesce

ou

pierre

couverte

par les générations

des fientes

des lombrics

Créer une dynamique

dans le doute

et l’indécision

de se lover

sur le sol

en boule

et

être

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L’homme se tenait assis derrière un bureau encombré des combles de l’administration centrale. J’avais été convoqué afin que l’on m’entretienne de ma situation.

Il extirpa plusieurs dossiers couverts de chiffres, parut oublier ma présence tandis que ses doigts noueux et secs parcouraient les lignes et que d’une voix tectonique, comme venue des profondeurs du globe, il marmonnait ce qui me semblait être des psaumes à une divinité inconnue mais totale.

Il s’arrêta soudain et ficha son regard en moi. Ce n’était pas à proprement parler un regard, ses yeux semblaient avoir été vissés trop profondément dans les globes oculaires et ses sourcils faisaient comme un amas de filaments de cuivre emmêlés qui crépitaient de chacune de ses pensées. Ce n’était pas à proprement parler un regard, c’était comme un flux qui cherchait à pénétrer en moi et à me vider de ma substance.

Son index s’était arrêté à une ligne, ses lèvres remuèrent brièvement, comme si elles vérifiaient leur fonctionnement avant que de, proprement, prononcer. Un peu comme les imprimantes qui lorsqu’on les allume agitent chacun de leurs membres, s’ébrouent sous les injonctions électriques. « Vous voilà ! »

Je ne parus pas surpris. Il ne le fallait pas, enfin… je sentis que c’était préférable.

« Vous avez l’air surpris ? » ajouta-t-il. Un frisson sinua entre mes vertèbres, je remuai des épaules comme pour le chasser dans l’air. Son doigt s’arrêta quelques chiffres plus loin, il grommela.

« Vos pensées ne semblent pas très claires. Une pause Je crains que vous ne saisissiez pas votre place là-dedans » fit-il en désignant d’un geste las le dossier sous ses yeux mais aussi les autres qui jonchaient le plateau de sa table. « Tout est là pourtant, les chiffres ne mentent pas, voyez, là ! » il compulsait nerveusement l’ouvrage, remontant les pages, ses doigts chevauchant frénétiquement le fil des pages comme un joueur de kora ses cordes, semblant chercher quelque chose dans l’ensemble des nombres qui s’égrenaient. Une fois encore, son doigt se figea, impérieux sur l’un d’eux. Il tourna le livre vers moi, et d’un air entendu : « Là, ici ! » Il apprécia son effet. « Vous comprenez maintenant pourquoi vous êtes là. » dit-il en désignant des nombres sur la page opposée, ceux-là, soulignés de rouge. « Nous ne pouvions pas laisser passer cela sans explications. »

J’étais perplexe et, pour tout dire, quelque peu angoissé par la tournure que prenait cette entrevue. Tandis qu’il poursuivait, de plus en plus véhément, me montrant, exhibant des chiffres, je m’absorbais dans un détail d’un tableau, au mur. Le reflet d’une chaise, à l’envers sur un long miroir dont le cadre était délicieusement ouvragé. Il tapa sur la table et cria « Dieu. »

Je l’avais perdu, je ne parvenais pas à savoir s’il jurait d’une manière un peu anachronique ou s’il finissait une démonstration sur le monde et la kabbale. Son doigt reposait comme un arbre mort sur un feuillet jauni par les ans. Je lus « 42 ».

Il sourit et d’un geste ample qui sembla dévoiler un monde, dit « Oui. » en m’invitant à sortir.

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La vision

s’imposait,

étrange,

mais

s’imposait

tout de même.

Un homme,

assis là,

avec,

à côté

une pile de têtes.

Il avait l’air satisfait et n’était pas sanguinolent

mais il avait l’air satisfait

tout de même.

Ce n’était pas un bourreau,

un vil exécutant.

Non.

Plutôt comme un général.

Un général satisfait d’un massacre.

Et des têtes

y en avait

même

qui sortaient

par ses couilles

par son flanc,

des un peu comme la sienne,

d’autres,

différentes.

Le général était content

bonnard

Dans

sa tête

la pile

de têtes

en montant

dans le ciel

formait,

de profil et regardant

l’avenir, le visage de la

Liberté

 

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et le vide

dessiné par l’absence

n’est déchiré que trop

rarement

par le fil

de nos paroles

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et la fumée

lui fait

comme des lunettes

qui

portées par le vent

emmènent visions

autres

que le trottoir plutôt détrempé

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3 réflexions sur “Pastiches et Poéticules 1

  1. D’autant que l' »auteur a été mis au chômage technique ce matin. Hihihi, bien qu’aimant son métier, l’auteur est content et s’en va écrire les poéticules de la semaine prochaine, vive la neige !

    Aimé par 1 personne

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