Homo Sapienne, de Niviaq Korneliussen

Homo-sapiennePar l’éditeur : Révélant une voix exceptionnelle, Homo sapienne suit la vie de cinq jeunes dans la ville de Nuuk, capitale du Groenland. Ils vivent des changements profonds et racontent ce qui, jusqu’à maintenant, a été laissé sous silence : Fia découvre qu’elle aime les femmes, Ivik comprend qu’elle est un homme, Arnaq et Inuk pardonnent et Sara choisit de vivre. Sur «l’île de la colère», où les tabous lentement éclatent, chacune et chacun se déleste du poids de ses peurs.
Niviaq Korneliussen manie une langue crue, sensible et indomptée. Elle parle du désir universel d’être soi, socialement, intimement, confiante que les cœurs et les corps sauront être vrais.

Mon Avis : Être seul parmi les autres.

Que l’on vive en France ou au Groenland, notre temps nous offre son lot de solitudes qui se télescopent.

Cinq jeunes gens alternent leur voix pour dire les doutes et les peurs que leur inspirent la vie, l’amour, l’identité. Faisant se côtoyer textos, dialogues, mails, pensées, journal intime, mêlant Anglais et français, parsemé de quelques mots de groenlandais et de danois, l’auteure Niviaq Kornliussen nous fait plonger au cœur de cette jeunesse désœuvrée entre trahison, désir de vengeance ou désir tout court.

Perdue surtout face aux sentiments, l’amitié, l’amour. Car ce roman ne fait pas dans le folklore. Il touche au contraire à des questions universelles. Qui suis-je ? Quelle est ma place ? Comment pardonner ?

Au plus près des sentiments et des interrogations de ces personnages, l’auteure aborde également, en fond, des problématiques plus « locales » comme la question indépendantiste, qui semble très forte au Groenland. Ainsi, elle esquisse un contexte dans lequel évoluent ces cinq jeunes gens, fait de tabous et de préjugés, mais aussi de soif de vivre et de modernité.

Le personnage d’Arnaq est peut être celui qui m’a le plus touché, tant son besoin d’amour est grand et son incapacité à bien agir, une souffrance.

J’ai adoré la fin, que je ne vous dirait évidemment pas ici. Mais j’ai refermé le livre avec le sourire.

Dans une langue forte, remuante et crue, c’est un récit initiatique que nous suivons, une quête d’identité, qu’elle soit sexuelle ou nationale, dans un roman follement moderne et brutal.

Une merveille.

Titre : Homo Sapienne
Auteur : Niviaq Korneliussen
Traduit du danois par : Inès Jorgensen
Validation linguistique à partir du texte original groenlandais par Jean-Michel Huctin
Éditions : La Peuplade
Date de parution : 17/10/2017
Nbr de pages : 232
Prix : 21

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3 réflexions sur “Homo Sapienne, de Niviaq Korneliussen

  1. Je n’en aurais jamais entendu parlé sans toi alors rien que pour ça merci.
    Et encore un gros merci car en plus de ça j’ai désormais terriblement envie de le lire ! Héhé.
    Je note donc la référence directement dans la liste de mes envies « idées de cadeaux ».

    J'aime

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