Ténèbre, de Paul Kawczak

tenebrePar l’éditeur :  Un matin de septembre 1890, un géomètre belge, mandaté par son Roi pour démanteler l’Afrique, quitte Léopoldville vers le Nord. Avec l’autorité des étoiles et quelques instruments savants, Pierre Claes a pour mission de matérialiser, à même les terres sauvages, le tracé exact de ce que l’Europe nomme alors le « progrès ». À bord du Fleur de Bruges, glissant sur le fleuve Congo, l’accompagnent des travailleurs bantous et Xi Xiao, un maître tatoueur chinois, bourreau spécialisé dans l’art de la découpe humaine. Celui-ci décèle l’avenir en toute chose : Xi Xiao sait quelle œuvre d’abomination est la colonisation, et il sait qu’il aimera le géomètre d’amour. Ténèbre est l’histoire d’une mutilation.

Mon Avis : Je commence ici mes chroniques de la rentrée de janvier avec l’un de mes plus gros coup de cœur. Et pas seulement de cette rentrée, mais de toutes mes lectures passées.

Entre cataclysmes intimes et passions mortifères de la fin du XIXème siècle, « Ténèbre » nous fait pénétrer dans la beauté et la laideur d’un monde voué à sa perte. Paul Kawczak nous offre l’un des romans les plus remarquables de cette rentrée d’hiver, entre érotisme, violence et aventure.

Les pays d’Europe se sont partagé l’Afrique, traçant à la règle les plaies sanglantes de la « civilisation ». Pierre Claes est envoyé sur place afin de matérialiser les frontières du Congo. Une aventure fiévreuse le long du fleuve Congo écrite d’une plume inquiétante et sensuelle, ordonnée par Léopold II, roi des Belges, incarné au cœur de la jungle par un chimpanzé.

Tracé des lignes, voilà la mission. Des lignes comme autant de blessures infligées par Xi Xao, le valet chinois du géomètre, maître dans l’art de faire mourir sans tuer, dans une exploration amoureuse et érotique du corps de sa victime.

La magie et le réel s’entrelacent dans ce très grand roman d’aventure entre grande histoire et passion intime, entre l’Afrique sacrifiée aux appétits occidentaux et le Paris des poètes finissants, comme ouvrant la voie au siècle le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité.

C’est un conte cruel et fascinant que nous propose les éditions de La Peuplade pour ce début d’année. Un roman hallucinant et virtuose, furieusement politique, écrit avec le sang de l’Afrique où chaque personnage, admirablement incarné, est une plaie ouverte errant sur ces terres. Une épopée sauvage et magistrale qui vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière page.

Un livre à lire et à offrir. Absolument !

Ténèbre
Paul Kawczak
Éditions La Peuplade
23/01/2020
320 pages

3 réflexions sur “Ténèbre, de Paul Kawczak

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s